Jour 17

Jeudi 2 avril

Ce matin, comme tous les matins de semaine, sauf le jour où Steven est en congés, j’ai mis le réveil à 8h00. Chaque matin, c’est plus dur de se lever “dans la foulée”. J’allume d’abord la lumière puis je comate avec un mouton sur la tronche. Puis j’enlève ma boule quiès, je mets le bras sur les yeux… et j’attends encore un peu. Et je finis par me lever. D’un coup. En pensant à tout ce que je vais faire dans la journée.

Ecole à la Maison… je dois toujours me battre avec Kara pour démarrer. Mais aujourd’hui, j’ai décidé de ranger toutes les activités par thème. Le maître et la maîtresse font ça très bien. Chaque activité peut se classer et parfois elles s’enchaînent les unes les autres.

Cet après-midi, j’ai eu ma collègue Florence au téléphone longuement. Elle est en arrêt maladie depuis des mois et je lui ai donc raconté la manière dont les choses s’étaient passées au bureau ces dernières semaines. Avec le confinement, sa fille a perdu sa dernière occasion d’aller à la Colo où Thémis est allée l’été dernier et en février 2019, car après elle sera trop grande pour y aller. Elle y allait depuis des années et c’est un déchirement pour elle. Mais bon, comme pour tout ce qu’on “perd” actuellement, on relativise, en espérant juste rester tous en bonne santé.

Puis Papy est venu prendre un sac de courses et il est resté un petit moment pour discuter, pour la première fois depuis le début du confinement. Les filles étaient particulièrement dures entre elles aujourd’hui. Je dirais qu’il y a des hauts et des bas et que globalement ça se passe plutôt bien. D’un point de vue boulot d’abord et d’un point de vue relationnel également. Je pensais que ça allait être plus compliqué mais Thémis a visiblement intégré le fait que sa soeur serait sa seule camarade de jeu pendant des semaines si ce n’est des mois et elle a laissé le plus possible derrière elle sa supériorité mal placée, ses petites attitudes de chef-chef, ou ses réflexions rabaissantes pour se concentrer sur de l’entraide et de la collaboration. Bien sûr, ça ne marche pas à tous les coups mais en majorité. Pour Kara, c’est plus compliqué et elle a tendance à beaucoup chercher sa soeur, à ne pas la laisser tranquille, jamais. Mais elle peut aussi passer de longs moments seule à faire des puzzles ou écouter sa fabrique à histoires ou encore lire. Cependant elle a souvent besoin de relancer les jeux d’imagination qu’elles ont entre elles. Et quand Thémis n’est plus réceptive, ça clashe.
Ce jeudi, c’était une journée à clash. Et Thémis avait décidé qu’elle s’ennuyait et que cette situation était misérable. Cela m’a donné l’occasion d’avoir une belle conversation avec elle sur ce qu’était s’ennuyer.
Je lui ai fait faire la liste de toutes les activités qu’elle aimerait faire. Puis la liste de toutes les activités qu’elle pourrait faire sans forcément en avoir envie. Elle a alors compris qu’elle avait une possibilité immense de trouver une activité pour s’occuper et que si elle “s’ennuyait”, c’est qu’elle avait elle-même choisi, dans sa tête, de ne pas être attirée par toutes les activités qui s’ouvraient à elle. Nous avons même étudié la sémantique du concept de s’ennuyer… à savoir ennuyer soi-même… J’ai eu l’impression de déclencher quelque chose en elle. On verra combien de temps ça tient.

Ce soir, après le repas, j’ai montré 2 vidéos passées sur le fil Whatsapp forumial : Le confinement, c’est pourri, et Le Concept de l’E-Apero. On a tous bien rigolé. Après avoir couché les filles, nous avons regardé le 1er épisode de Love Alarm. Avec Steven, nous avions convenu de nous échanger les séries coréennes. J’ai regardé Signal et il m’avait dit être ok pour regarder Love Alarm, le teen drama coréen qui avait fait mon mois d’Août… J’ai adoré revoir ce premier épisode car maintenant que je sais comment ça se termine, je vois encore plus les pièces du puzzle s’imbriquer.

Odessa
  • Odessa

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